La schizophrénie

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Description

La schizophrénie se définit comme une perte de contact avec la réalité. En général, la maladie apparaît entre 15 et 30 ans, mais elle peut apparaître plus tardivement, touchant parfois des personnes âgées de plus de 40 ans.

Dans son livre Schizophrenia: Straight Talk for Family and Friends, l’auteur Maryellen Walsh établit une comparaison entre le cerveau et un réseau de communication téléphonique : ” Chez la plupart des gens, le réseau de communication du cerveau fonctionne bien. Les informations de l’extérieur sont acheminées vers le cerveau par les canaux appropriés, et les réactions du cerveau, qui se manifestent concrètement par des sentiments, des pensées et des actions, sont en accord avec ces perceptions. […] Chez les personnes atteintes de schizophrénie, les perceptions externes sont transmises, mais les messages n’empruntent pas les canaux appropriés, bloquent en cours de route ou n’aboutissent pas à la bonne destination (p.41) “.

Cette analogie, qui explique bien la schizophrénie, rejette par le fait même les deux mythes les plus répandus concernant la maladie : les personnes atteintes auraient des personnalités ” doubles ” ou ” multiples ” et elles seraient portées à la violence. En fait, les personnes atteintes de schizophrénie ont beaucoup plus tendance à se replier sur elle-mêmes et à s’infliger du mal.

Bien que l’on ne connaisse pas encore toutes les causes de la schizophrénie, on sait qu’il y a un aspect biologique. Chez le schizophrène, on a observé un fonctionnement ralenti des lobes frontaux du cerveau et l’augmentation d’un neurotransmetteur, la dopamine.

Les signaux avant-coureurs

Santé Canada propose sur son site Internet le Guide à l’intention des familles, qui dresse une liste de signaux avant-coureurs compilés par des familles interviewées par les chercheurs :

  • Troubles du sommeil, périodes d’éveil à des heures inhabituelles, confusion entre le jour et la nuit ;
  • repli sur soi, isolement, indifférence au monde extérieur ;
  • détérioration des relations interpersonnelles ;
  • hyperactivité ou inactivité ou alternance des deux états ;
  • manque de concentration et difficulté prononcée à prendre des décisions ;
  • intérêt inhabituel à l’égard des religions et des sciences occultes ;
  • hostilité, méfiance et terreur ;
  • réactions exagérées face à la désapprobation de l’entourage et des membres de la famille ;
  • laisser-aller dans l’hygiène personnelle ;
  • randonnées fréquentes en auto-stop, sans but précis ;
  • besoin compulsif d’écrire, utilisation d’une calligraphie semblable à celle d’un enfant et textes incohérents;
  • réactions affectives inhabituelles ;
  • regard vide, sans expression ;
  • regard fixe, accompagné d’une absence de clignements d’yeux ou, au contraire, clignements incessants ;
  • hypersensibilité (au bruit et à la lumière) ;
  • altération de l’odorat et du goût ;
  • utilisation d’expressions et de structures de phrases inhabituelles ;
  • comportements bizarres : refus de toucher les autres personnes, port constant de gants, rasage de la chevelure ou de poils ou menace d’automutilation.

Aucun de ces signes pris isolément indique la présence d’un trouble mental. C’est plutôt la présence de plusieurs de ces signes pendant un certain temps qui est alarmante. Dans une pareille situation, obtenir un diagnostic auprès d’un médecin s’avère la solution la plus responsable.

Le diagnostic

Les psychiatres différencient deux catégories de symptômes : les symptômes positifs et négatifs. Dans la seconde édition de son manuel rédigé à l’intention des familles de patients atteints de schizophrénie Surviving Schizophrenia: A Family Manual, Dr E. Fuller Torrey précise que les symptômes positifs sont ceux qui sont présents, mais qui ne devraient pas l’être, et inversement, les symptômes négatifs sont ceux qui ne sont pas présents, mais qui devraient l’être.

Les symptômes positifs sont :

  • Les hallucinations ;
  • les idées délirantes ;
  • l’obscurcissement de la conscience de soi.

Les symptômes négatifs sont :

  • Le manque de motivation ou l’apathie ;
  • la diminution de l’affectivité ;
  • la dépression ;
  • le retrait social.

Le traitement

Le traitement se fonde sur une médication antipsychotique (les neuroleptiques classiques) et une approche de réadaptation globale et multidisciplinaire (éducation psychique de la famille et rééducation). Auparavant confinés à vivre en reclus dans un hôpital psychiatrique, le patient atteint de schizophrénie est dorénavant aidé de sa famille, qui joue un rôle important dans la prise en charge de ce dernier.

La schizophrénie est actuellement incurable, mais les neuroleptiques combinés à la psychothérapie permettent fréquemment de diminuer les symptômes positifs de la maladie. La rémission est possible mais incertaine et survient surtout deux ans ou moins après le début de la maladie. Par contre, en vieillissant, plus particulièrement après 40 ans, la vie des personnes atteintes de schizophrénie devient moins difficile, car les symptômes positifs diminuent, situation qui permet la réduction des doses de médicaments.

La recherche suscite actuellement beaucoup d’espoir. Elle permettra bientôt de mieux comprendre cette psychose et de développer des traitements encore plus efficaces.

D’autres données

  • Un pour cent de la population souffrira de schizophrénie au cours de sa vie. (source : Santé Canada, site Internet)
  • 250 000 Canadiens seront atteints de schizophrénie tôt ou tard dans leur vie. (source : Santé Canada, site Internet)
  • Environ 45 millions de personnes de par le monde, âgées de plus de 18 ans, souffrent de schizophrénie. (source : Organisation mondiale de la santé, Rapport sur la santé mentale, 2001)
  • De 40 % à 60 % des personnes atteintes de schizophrénie tenteront de se suicider et 10 % mettront fin à leurs jours. (source : Société canadienne de schizophrénie, site Internet)
  • Une étude menée conjointement par l’Université de Columbia à New York et le ministère de la Santé d’Israël a récemment conclu que les hommes qui procréaient entre l’âge de 45 à 49 ans étaient deux fois plus susceptibles d’avoir des enfants qui seraient atteints de schizophrénie. Un résultat qui a fait dire à Dolores Malaspina, professeur associée de la clinique de psychiatrie de Columbia qui a dirigé l’équipe de chercheur ” que l’homme a aussi son horloge biologique “. (source : The Gazette, 28 avril 2001)
  • Selon une étude du département de psychiatrie de l’Université Sheffield, s’il n’avait pas été atteint de schizophrénie, Charles Bolden n’aurait pas délaissé le ragtime pour créer la musique jazz. Le professeur croit que les troubles engendrés par la maladie ont empêché le musicien de lire correctement les partitions. Rapporté dans Le Nouvel Observateur, cette nouvelle suggère que les moments de pure ” démence ” musicale de Bolden sont à l’origine du jazz actuel : c’est pour assurer le spectacle et contenter son public que le musicien se serait lancé dans l’improvisation de longs et impressionnants morceaux.