Croyances populaires

Selon une étude réalisée en 2001 (Roper Starch Worldwide Inc. (2001) cité dans Conseil médical du Québec. (2001) Les maladies mentales : un éclairage contemporain), trois croyances populaires dressent une barrière au diagnostic et au traitement :

  • Les symptômes ne sont pas associés à un trouble mental : 93 % des personnes chez qui le diagnostic n'a pas été posé n'associent pas leurs symptômes à un trouble mental, même si près de la moitié admettent que leurs symptômes leur causent de la détresse et restreignent leur fonctionnement social.
  • Les symptômes peuvent s'autotraiter : près de la moitié des personnes chez qui le diagnostic a été posé ne consulteront pas un professionnel de la santé parce qu'elles pensent être capables de s'en sortir seules.
  • Le diagnostic en soi est stigmatisant : près de la moitié des personnes ayant reçu un diagnostic sont embarrassées par leur maladie, alors que seulement 17 % de celles qui n'ont pas reçu un diagnostic officiel, mais qui ont des symptômes associés aux maladies mentales, éprouvent ce sentiment. Deux fois plus de personnes ayant reçu un diagnostic de maladie mentale craignent de parler de leur maladie à leurs amis.

Diverses croyances populaires sont aussi rattachées au traitement des maladies mentales :

  • Les traitements non spécifiques tels l'augmentation de l'activité physique ou sociale, la relaxation, la gestion du stress, la lecture de récits de personnes ayant vécu le même problème sont très valorisés, alors que les traitements psychiatriques comme la médication ou l'hospitalisation sont considérés nuisibles. Dans cette optique, les vitamines et diètes spéciales l'emportent sur les antidépresseurs et les antipsychotiques. (National Mental Health Association Survey cité dans Conseil médical du Québec. (2001) Les maladies mentales : un éclairage contemporain)
  • Certains chercheurs ont voulu comprendre l'impact du contexte socioculturel, en particulier l'influence de l'opinion publique sur le choix du traitement, sur l'acceptation de divers traitements psychiatriques et la fidélité au traitement par un individu. Les résultats suggèrent que la psychothérapie est tenue en haute estime par la population, tandis que la psychopharmacologie est rejetée par la grande majorité des répondants. (Angermayer et Matschinger (1996) cité dans Conseil médical du Québec. (2001) Les maladies mentales : un éclairage contemporain)
  • Pourtant, une étude récente confirme que la combinaison de la médication et de la thérapie amène un taux de réussite de 85 % chez les gens qui souffrent de maladie mentale. (Keller, Martin. (2001) « January Report. » in Journal of the American Medical Association (JAMA)

Barrières à l’avancement de la carrière :

Selon une étude américaine, 75 % des employés atteints ne sont pas allés chercher immédiatement de l’aide pour leurs symptômes de dépression, car ils ont peur d’être jugés et que la situation nuise à leur avancement dans l’entreprise.

65 % des employés ne discuteraient pas de leur santé mentale avec leurs employeurs par crainte d’être jugés, d’être pénalisés lors des promotions ou d’être congédiés.

40 % des gens (sondage FMM) affirment que s’ils souffraient d’une maladie mentale, notamment la dépression, ils n’oseraient pas en parler à leur patron (tout près d’une étude américaine qui avançait 42 %).

Selon les gens qui ont souffert de dépression, la maladie a été la plus grande barrière pour l’avancement de leur carrière. (Depression Center of University of Michigan, 2004)

En somme, il est important de retenir que les croyances du public concernant à la fois les causes et les traitements des maladies mentales diffèrent beaucoup de celles des professionnels de la santé, surtout les psychiatres. Ces diverses croyances limitent l'utilisation optimale des services dans le réseau de la santé. (Conseil médical du Québec. (2001) Les maladies mentales : un éclairage contemporain)

 
 
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