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Thématiques courantes chez les adultes

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L'épuisement professionnel

Aussi connu sous le nom de « burnout », l’épuisement professionnel est souvent confondu avec la dépression. Pourtant, il ne s’agit pas d’une maladie mentale en soi.

Tel que le nom l’indique, l’épuisement professionnel prend naissance dans un contexte professionnel, donc en milieu de travail. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il s’agit d’un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail.

Au cours des dernières décennies, les scientifiques ont également découvert une différence physique importante entre les personnes qui souffrent de dépression et celles qui souffrent d’épuisement professionnel. En effet, les personnes dépressives sécréteraient trop de cortisol, une hormone sécrétée par le cortex de la glande surrénale, tandis que celles qui démontrent des signes d’épuisement professionnel n’en sécréteraient pas assez.

Cette découverte permet dorénavant d’émettre un diagnostic plus précis aux travailleurs qui présentent des signes d’épuisement professionnel ou des symptômes d’un trouble dépressif.
 

Symptômes

Les symptômes de l’épuisement professionnel sont parfois similaires à ceux de la dépression. Il est donc important de consulter un professionnel de la santé si vous constatez l’apparition de plusieurs des signes suivants, et que ceux-ci persistent dans le temps :

  • une fatigue persistante;
  • des maux de tête;
  • une douleur musculaire;
  • un trouble du sommeil;
  • une difficulté de concentration;
  • de l’anxiété;
  • des maux physiques plus fréquents (comme le rhume);
  • un comportement plus agressif;
  • une diminution des interactions sociales;
  • une démotivation;
  • une diminution du rendement au travail;
  • un taux d’absentéisme plus élevé.
     

Facteurs de risque

Bien qu’autrefois on attribuait cet état principalement aux travailleurs occupant des postes exigeants sur le plan de l’engagement personnel (ex. : infirmière, médecin, travailleur social, enseignant), il serait faux de croire que seuls ces personnes sont à risque. En fait, tous les travailleurs, hommes ou femmes, sont susceptibles un jour de souffrir d’épuisement professionnel, au même titre que tous peuvent, un jour ou l’autre, être atteint d’une maladie mentale. Par contre, la présence de certains facteurs de risque peut augmenter l’incidence d’un syndrome d’épuisement professionnel. En voici quelques exemples :

  • un emploi impliquant un niveau élevé de stress;
  • un nombre important de responsabilités, tant professionnelles que personnelles;
  • un niveau élevé d’implication personnelle au travail
  • un nombre d’heures de travail hebdomadaire supérieur à la moyenne;
  • une mauvaise gestion du temps;
  • un climat de travail peu favorable à l’épanouissement;
  • des difficultés relationnelles;
  • un manque de ressources;
  • des antécédents ou la présence de problèmes physiques ou mentaux;
  • des attitudes ou comportements nuisibles (ex. : perfectionnisme, faible résistance au stress, faible estime de soi, etc.).
     

Conséquences
 
L’épuisement professionnel n’a pas que des conséquences sur la carrière d’un individu. Cet état peut avoir des répercussions sur sa situation familiale, sa situation financière, ses relations avec les autres, sa santé mentale et physique et son comportement en général. Une personne qui souffre d’épuisement professionnel et qui n’a pas recours à une aide professionnelle pourrait éventuellement souffrir d’anxiété, de dépression, d’une maladie physique, d’un trouble alimentaire, de troubles du sommeil, de toxicomanie et même avoir des pensées suicidaires. 
 

Quoi faire ?

Bien que le retrait temporaire du travail soit conseillé aux personnes souffrant d’épuisement professionnel, cela ne règle pas systématiquement le problème. Il est donc recommandé de consulter un professionnel de la santé (médecin, psychiatre, psychologue) afin de bien identifier les sources de stress et d’épuisement dans le milieu de travail afin de trouver des solutions efficaces à des situations spécifiques. Il ne s’agit donc pas nécessairement de changer d’emploi, mais plutôt de modifier certaines habitudes ou d’aborder certaines situations sous un angle différent.
 

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Le stress

Le stress est la réponse de l’organisme à toute exigence ou pression extérieure. C’est un mécanisme d’adaptation à un événement déstabilisant qui vient de l’extérieur. Ces événements stressants peuvent aussi bien être positifs (mariage, naissance, déménagement) que négatifs (séparation, perte d’emploi) et peuvent provenir de toutes les sphères de la vie : le travail, la famille, la vie sociale, etc.

Par contre, face à une même situation, les individus n’analyserons pas tous celle-ci de la même façon. En effet, un certain nombre de facteurs individuels entrent en jeu : le bagage génétique, la personnalité, l’environnement social, les expériences vécues, etc. Ce ne sont donc pas tant les situations elles-mêmes qui provoquent une réaction au stress, mais l’analyse que chaque personne en fait.

Le stress est donc en soi un processus normal et indispensable face à une situation qu’on perçoit comme nouvelle, imprévisible ou représentant une menace à l’intégrité. Le problème, c’est que, lorsque ce stress devient chronique, il entraîne une trop grande mobilisation de certains mécanismes biologiques; et cette trop grande mobilisation peut finir par avoir des conséquences néfastes sur la santé psychologique. Par exemple, d’importantes difficultés financières, un divorce, un congédiement sont certainement des agents de stress pouvant générer un certain niveau d’anxiété.
 

Suis-je stressé ?

Il est souvent utile de faire le point sur la probabilité et la gravité des situations qui suscitent de la peur et de l’anxiété, car c’est la perception qu’on a de ces situations qui détermine le degré de stress ressenti.

  • Y a-t-il une autre façon de voir les choses ?
  • Y a-t-il une erreur dans mon jugement ?
  • Suis-je en train de sauter aux conclusions trop rapidement ?
  • Qu’est-ce que je dirais à un ami qui entretiendrait le même genre de pensées ?
  • Quel est le pire scénario qui puisse arriver ?
  • Quelle est la probabilité que le pire scénario se produise ?
     

Comment prévenir le stress ?

Une bonne hygiène de vie peut grandement diminuer le stress et l’anxiété pour les ramener à un niveau tolérable. Parmi les éléments d’une bonne hygiène de vie, mentionnons entre autres :

  • un bon équilibre entre le travail, le repos et les loisirs;
  • une faible consommation de caféine, d’alcool et de nicotine;
  • une bonne alimentation
  • l’exercice régulier.
     
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Le présentéisme

Mieux connu dans le milieu professionnel depuis quelques années, le terme « présentéisme » fait référence aux employés qui devraient s’absenter du travail parce qu’ils souffrent de maux physiques ou psychologiques, mais qui vont tout de même travailler. Ces employés tentent alors d’accomplir leurs tâches quotidiennes, en ne possédant pourtant pas leurs pleines capacités mentales ou physiques. Le présentéisme est donc l’envers de l’absentéisme, où l’employé malade s’attribue un temps de repos au lieu de travailler.

Le présentéisme peut être attribué à des problématiques tant physiques que psychologiques. Comme le nom le dit, le présentéisme physique renvoie à des maux physiques. Les causes peuvent être des affections ou des maladies de courte durée, comme une migraine ou une grippe, ou de longue durée comme un cancer ou une blessure à la suite d’un accident. Le présentéisme psychologique renvoie plutôt à des problématiques intériorisées par l’employé, comme une détresse psychologique, un trouble mental, une insatisfaction à l’égard de l’emploi occupé, une surcharge de travail ou de responsabilités, ou encore un niveau élevé de stress. Dans les deux cas, l’employé se présente donc au travail alors que ses capacités physiques ou mentales pour assumer son rôle sont limitées et qu’il devrait plutôt être au repos pour se soigner.

Les causes et les conséquences du présentéisme sont nombreuses et de récentes études ont démontré que les employeurs, les gestionnaires et les employés pratiquent autant l’absentéisme que le présentéisme, à différents degrés. En fait, les employeurs et les gestionnaires qui occupent une position importante dans la structure organisationnelle de leur entreprise et dont le niveau de responsabilités est élevé pratiquent plus souvent le présentéisme que les autres employés. Cela est attribuable au fait que plusieurs personnes dépendent d’eux et que leur absence pourrait entraîner des répercussions négatives pour l’entreprise. Quant aux employés, on remarque également une hausse du présentéisme depuis les dernières années. Cette hausse est, entre autres, attribuable à l’idéologie sociale qui valorise le travail et la performance et qui dévalorise l’absentéisme. Un employé pourrait donc se présenter au travail même s’il est malade par peur d’être jugé par ses collègues, réprimandé par son employeur ou encore par peur de voir sa productivité affectée s’il s’absente.

Toutefois, il est important de comprendre que le présentéisme peut avoir de graves conséquences à long terme. Chez la personne qui souffre d’une maladie physique, celle-ci pourrait s’aggraver si elle n’est pas soignée correctement. Le présentéisme mènerait alors à de l’absentéisme, et l’employé en subirait les conséquences sur sa santé, son emploi et ses revenus. Il court également le risque de contaminer ses collègues de travail, lorsqu’il souffre d’une grippe par exemple. C’est alors tout un groupe de travailleurs qui se trouve affecté physiquement par le présentéisme d’une seule personne. De plus, puisque les capacités mentales ou physiques de l’employé sont limitées, la qualité de son travail en est affectée, et cela pourrait également avoir des conséquences sur le travail des autres employés, voire de toute l’entreprise. Chez les employés dont le travail nécessite un niveau important de concentration, le présentéisme pourrait mettre leur vie et celle d’autres personnes en danger. Pensons simplement aux travailleurs de la construction qui conduisent des machineries lourdes sur des terrains dangereux, ou encore aux médecins et aux infirmières qui ont la vie de patients entre leurs mains.

Enfin, lorsqu’on souffre d’une maladie physique ou mentale, se présenter au travail peut avoir autant de conséquences que de s’en absenter, voire plus, surtout à long terme. Il ne faut donc pas ignorer la maladie, mais plutôt la soigner rapidement afin de retourner travailler en pleine forme !
 

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