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Thématiques courantes chez les aînés

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Devenir proche aidant : un rôle important mais exigeant

Un proche aidant est une personne qui dispense des soins ou du soutien à un membre de la famille, à un ami ou à un voisin qui possède un handicap physique ou mental, qui souffre d’une maladie physique ou mentale, dont la santé est précaire ou qui suit simplement le processus normal de vieillissement. Au Québec, 90 % de l’aide et des soins aux personnes âgées qui sont en perte d’autonomie et qui présentent des problèmes de santé sont assurés par les familles. De plus, les responsabilités inhérentes aux soins donnés aux proches âgés sont la plupart du temps assurées par les femmes et bien souvent par les conjointes, elles-mêmes âgées et vulnérables.

Les responsabilités d’un proche aidant sont nombreuses et variées, et le rôle de proche aidant exige une implication personnelle élevée, un véritable don de soi. L’aidant, doit par exemple, aider son proche à faire ses courses, cuisiner ses repas, faire sa toilette et gérer ses finances. Il doit également lui tenir compagnie et être à l’écoute de ses besoins. 

En consacrant une partie importante de son temps à veiller au bien-être d’un proche, l’aidant fait face à de nouveaux défis auxquels il doit s’adapter. Il doit, entre autres :

  • concilier ses besoins personnels et familiaux ainsi que ceux de la personne qu’il aide.
  • revoir sa situation financière.
  • prendre soin de sa propre santé mentale et physique.
  • travailler de concert avec les intervenants et les professionnels de la santé.
  • s'adapter aux besoins changeants de la personne aidée.

Le rôle du proche aidant est important, mais très exigeant, et il peut avoir des répercussions considérables sur toutes les sphères de la vie. Pour certains aidants, le temps et l’énergie accordés à prodiguer divers soins est aussi prenant qu’un emploi à temps plein, parfois même plus ! Ils deviennent alors plus susceptibles de souffrir d’une forme d’épuisement professionnel, de développer de l’anxiété ou même de souffrir de dépression. Le manque de temps et de ressources, le stress et la fatigue causés par la prise en charge d’un proche peut également compliquer la dynamique familiale, brouiller la vie de couple et affecter le rendement professionnel de l’aidant. À long terme, ce dernier peut aussi développer des maladies physiques, l’empêchant de répondre aux besoins de la personne qu’il aide.

Tomber malade n’est pas très aidant. Donc, avant de s’épuiser et de ne plus être en mesure de prendre soin de la personne qui lui est chère, le proche aidant devrait retenir ces quelques conseils : 

  • respecter le temps de sommeil dont il a besoin et bien se nourrir;
  • s’accorder du temps sans se sentir coupable;
  • reconnaître ses limites et, surtout, ne pas s’épuiser;
  • s’informer sur la maladie de son proche, les médicaments prescrits et leurs effets secondaires;
  • demander de l’aide aux autres membres de la famille, aux amis ou au CLSC;
  • ne pas jouer au docteur ou au thérapeute.

Bien consciente que les proches aidants ont également besoin de soutien pour assurer efficacement leurs nombreuses responsabilités, la Fondation des maladies mentales a créé le programme Agir à tout âge, afin de sensibiliser les aînés et les proches aidants à la dépression et à l’anxiété chez les aînés. Ce programme offre d’ailleurs une conférence sur les rôles et les défis du proche aidant ainsi que sur les signes, symptômes, traitements et ressources disponibles en lien avec ces maladies.
 

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S’adapter aux changements

Chaque étape de la vie est marquée de nombreux changements auxquels une personne doit faire face et s’adapter. Toutefois, en vieillissant, les ressources physiques, mentales et sociales pour s’ajuster à ces changements diminuent. Ainsi, il peut être beaucoup plus difficile pour un aîné de surmonter une séparation, un divorce, la perte d’un conjoint ou d’un membre de la famille, une maladie physique ou encore de s’habituer à un nouveau mode de vie en prenant sa retraite ou en quittant sa résidence principale. Ces situations peuvent entraîner du stress, de la peine, de l’anxiété et de l’ennui. Les aînés peuvent également se sentir plus seuls, vulnérables et dépaysés. Plusieurs auront même tendance à focaliser sur le passé et sur ce qu’ils ont perdu, plutôt que de considérer ce qui leur reste et ce qu’ils sont encore en mesure d’accomplir.

Dans ce type de situations, dans lesquelles l’intensité ou le nombre de changements vécus dépassent les ressources d’une personne, celle-ci voit sa capacité d’adaptation atteindre sa limite et elle devient ainsi plus susceptible de souffrir de problèmes de santé mentale tels que l’anxiété et la dépression.
 

En parler, c’est déjà s’aider

Les aînés ont tendance à garder sous silence leur souffrance pour ne par déranger leur entourage. Pourtant, c’est en communiquant leurs besoins et en exprimant leur état d’esprit qu’ils pourront recevoir le soutien dont ils ont besoin pour vieillir en bonne santé mentale.
 

Vous avez besoin de soutien ou vous désirez venir en aide à un aîné ?

La première étape consiste à demander de l’aide à la famille, aux amis et aux professionnels de la santé. Vous pouvez également vous référer aux centres et aux associations pour les aînés et aux établissements médicaux.

Dans le cadre de son programme Agir à tout âge, la Fondation des maladies mentales offre une conférence aux aînés et aux proches aidants afin de les sensibiliser à l’anxiété et à la dépression chez les aînés.

 

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La maltraitance

La maltraitance envers les aînés est un phénomène complexe, parfois difficile à reconnaître mais pourtant bien réel et, souvent, plus répandu que l’on croit. Comme pour tous les types d’agressions faites dans la population en générale, les abus à l’égard des aînés sont souvent commis par des gens dans l’entourage, mais parfois par des inconnus. De plus, tous les aînés sont susceptibles d’être un jour victimes d’une forme d’abus, peu importe leur sexe, leur âge, leur milieu socioéconomique, leur culture ou leur situation familiale. Ces abus peuvent être commis autant dans des lieux privés que publics, comme à la maison, au supermarché ou en plein jour dans la rue. La maltraitance peut donc prendre plusieurs formes :

  • matérielle ou financière – vol d’argent, de bien ou d’identité; pression ou harcèlement par rapport à un prêt ou à un héritage;
  • négligence – être négligent, c’est ne pas intervenir lorsque nécessaire, c’est ne pas satisfaire , volontairement ou non, les besoins d’un aîné dont on a la responsabilité;
  • physique – donner des coups, lancer des objets, enfermer un aîné ou l’empêcher de satisfaire des besoins primaires comme s’habiller, manger, aller à la salle de bain;
  • psychologique – humilier, rabaisser, injurier ou menacer verbalement une personne;  attaquer son estime de soi, ses facultés psychologiques;
  • sexuelle – harcèlement, attouchement, viol;
  • violation des droits de la personne – aller à l’encontre des droits d’une personne par rapport à son âge, la forcer à quelque chose ou prendre des dispositions sans son consentement.
     

Quelques statistiques

  • De 10 à 15 % des aînés sont victimes d’abus, mais ce nombre n’est qu’une approximation puisqu’on estime que 80 % des cas de maltraitance ne sont pas diagnostiqués. (Réseau québécois pour contrer les abus envers les aînés – 2006)
  • Au Québec, 80 % des fraudes commises par téléphone touchent les aînés. 
  • La moitié des Québécois  qui se suicident ont plus de 65 ans.
     

Facteurs de risque 

Si tous les aînés sont susceptibles de subir une forme de maltraitance, certains facteurs de risque peuvent les rendre plus vulnérables à une forme ou à une autre d’abus :

  • peu de soins, voire aucun soin, prodigués par un proche;
  • un conflit dans la famille ou dans le lieu de résidence;
  • une perte d’autonomie partielle ou complète;
  • le fait de vivre seul;
  • un problème de santé physique ou mental.
     

Voici quelques indices qui peuvent laisser croire qu’un aîné est victime de maltraitance :

  • des ecchymoses;
  • des infections fréquentes;
  • des plaies et des blessures;
  • une perte de cheveux anormale;
  • un manque d’hygiène;
  • un changement négatif dans le comportement ou dans les habitudes de vie;
  • l’isolement;
  • la peur des contacts sociaux;
  • un trouble du sommeil;
  • des activités bancaires anormales;
  • une peur ou une angoisse excessives;
  • une perte ou un gain de poids rapides.

Il est important d’investiguer si un aîné vous dit qu’il est victime d’abus.


Conséquences de la maltraitance

Les abus envers les aînés ont nécessairement des conséquences sur leur vie, tant sur le plan physique que psychologique. Les abus physiques engendrés par la maltraitance peuvent mener à des problèmes graves ou à des maladies. De plus, les ainés victimes d’abus peuvent, à moyen et à long termes, souffrir d’anxiété, de dépression et même songer au suicide.
 

Vous croyez être victime de maltraitance ou êtes témoins d’abus envers un aîné ?

D’abord, parlez-en à quelqu’un en qui vous avez confiance, comme un membre de votre famille, un ami ou un professionnel de la santé. Voici également quelques ressources qui peuvent vous être utiles :


Aide Abus Aînés 
www.maltraitanceaines.gouv.qc.ca
1 888 489-ABUS (2287) Ligne d’écoute bilingue, 7 jours sur 7

 

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