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Thématiques courantes chez les jeunes

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Le décrochage scolaire

On appelle « décrochage scolaire » le phénomène des jeunes qui quittent l’école avant l’obtention d’un diplôme d’études secondaires. Au Québec, le taux de décrochage scolaire est de 22,5 %, soit l’un des plus élevés au Canada. Quoique beaucoup plus rare, on constate  également dans certaines régions du pays des jeunes qui décrochent alors qu’ils sont encore à l’école primaire.
 

Saviez-vous que…

Au Québec, l’école est obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans.

Chaque année, au Québec, 18 200 jeunes quittent les bancs de l’école secondaire sans avoir obtenu leur diplôme. La prévalence du décrochage est un peu plus élevée chez les garçons que chez les filles. D’ailleurs, en 2008, le taux de garçons obtenant leur diplôme d’études secondaires était de seulement 68 %, alors qu’il était de 80 % chez les filles.

Plusieurs facteurs peuvent pousser un jeune à quitter l’école avant la fin de ses études. Le mode de vie et le revenu familial sont les facteurs qui influencent le plus le taux de décrochage scolaire. D’ailleurs, on retrouve un plus haut de décrochage dans les quartiers et les régions défavorisés, où les familles vivre dans la pauvreté, que dans les secteurs où les familles vivent aisément. Ces facteurs sont également en lien avec l’établissement scolaire fréquenté ainsi que la différence entre les systèmes d’éducation public et privé, lesquels influencent le taux d’abandon scolaire.

Les troubles de comportement et les difficultés d’apprentissage peuvent aussi favoriser le décrochage d’un jeune. Ces problématiques mènent souvent à des échecs scolaires, lesquels démotivent le jeune et lui font perdre son intérêt pour les études. D’ailleurs, lorsqu’un élève se sent déprimé à cause de sa performance scolaire, la probabilité qu’il abandonne l’école est de 33 %8.

Bien que les emplois à temps partiel soient souvent encouragés chez les adolescents au cours des dernières années du secondaire, ils peuvent comporter des désavantages pendant les études. Certains jeunes préféreront concentrer leurs efforts sur leur travail rémunéré et accorderont ainsi moins de temps à leurs études. D’autres iront jusqu’à quitter l’école pour se consacrer entièrement à leur emploi.

Enfin, la consommation de drogue ou d’alcool sont aussi des facteurs qui peuvent affecter la réussite et le cheminement scolaires d’un étudiant. Le taux de décrochage scolaire est également plus élevé chez les jeunes de moins de 20 ans qui fondent une famille.

Décrocher ne se résume pas seulement à quitter l’école sans diplôme. Cela peut avoir des répercussions importantes sur la vie d’un jeune, sur son futur. Par exemple, un décrocheur est plus à risque qu’un diplômé de vivre d’aide sociale ou d’occuper un emploi instable, avec de mauvaises conditions de travail. Il est également plus à risque de développer des problèmes physiques et mentaux, notamment de souffrir de dépression.

Autres sources :
Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Indicateurs de l’éducation, édition 2008.


Tu songes à décrocher ?

Voici quelques ressources pour te guider dans tes choix :
www.uneplacepourtoi.qc.ca

www.reseaureussitemontreal.ca

www.leseffetsdudecrochage.com

 

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L’itinérance

Malgré plusieurs lois et systèmes sociaux qui protègent les mineurs, bien des jeunes sont à l’heure actuelle sans foyer et vivent dans la rue. Certains n’ont pas de famille, d’autres ont quitté leur domicile ou ont été forcé de le faire et n’ont pas été pris en charge par un centre de jeunesse. Même si certains d’entre eux réussissent parfois à trouver un logis temporaire, il s’agit souvent de lieux insalubres, non sécuritaires et fréquentés par d’autres itinérants.

Souvent, l’itinérance chez les jeunes est une conséquence d’autres problèmes ou d’événements survenus au cours de leur vie ou au sein de leur famille comme :

  • la pauvreté;
  • la violence verbale ou physique;
  • l’abus sexuel;
  • la dépendance aux drogues, à l’alcool ou aux médicaments psychotropes;
  • un problème de santé mentale;
  • le décrochage scolaire;
  • les démêlés avec la justice.

On remarque également un plus haut taux d’itinérance chez les jeunes qui ont vécu en famille d’accueil ou en centre de jeunesse, chez les jeunes qui présentent un handicap physique, chez les homosexuels, les nouveaux arrivants, les autochtones et les minorités visibles.

Les conséquences de l’itinérance sur la vie d’un jeune sont nombreuses, tant sur le plan physique que psychologique. Consommation de drogues, mauvaise alimentation, relations sexuelles non protégées, fréquentation de milieux insalubres… Tous ces facteurs peuvent gravement mettre en danger la vie de quelqu’un. Certains adolescents sont également tentés de commettre des crimes (vols, agressions) dans le but de se procurer des biens comme des vêtements ou de la nourriture, et se retrouvent alors pris dans le système judiciaire. De plus, l’état constant de violence et de manque de ressources dans lequel les jeunes itinérants vivent peut fortement faire augmenter leur niveau de stress et d’anxiété chez ceux-ci. Plus d’un tiers d’entre eux vont développer un trouble dépressif, un trouble de stress post-traumatique ou encore porteront atteinte à leur propre vie; le suicide est d’ailleurs la 2e cause de mortalité chez les jeunes itinérants. 



Ressource utile :

Dans la rue
L’organisme Dans la ruefournit aux jeunes sans-abri de la nourriture ainsi qu’un refuge et leur offre soutien et amitié par l'entremise de services et de programmes visant leur remise sur pied définitive.
www.danslarue.org

info@danslarue.org
Montréal : 514 526-7677
Sans frais :1 888 520-7677

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La sexualité et l’orientation sexuelle

L’adolescence est une période d’exploration sexuelle et de découverte. C’est aussi souvent à ce moment qu’on découvre son orientation sexuelle.

La sexualité, c’est une affaire intime propre à chacun. C’est souvent une question de choix et de goût, tant sur le plan de l’attirance que des pratiques sexuelles.

Bien que liés la plupart du temps, l’amour et la sexualité ne vont pas systématiquement de pair. Il est donc possible d’avoir un partenaire sexuel dont on n’est pas amoureux, mais avec qui on éprouve du plaisir. L’important, c’est le respect de soi et de l’autre.

Il est normal de se questionner par rapport à sa sexualité, surtout lorsque c’est nouveau. Certaines questions de même que d’autres facteurs peuvent entraîner du stress ou de l’anxiété :

  • la peur de ne pas performer;
  • la gêne d’être nu devant quelqu’un;
  • la douleur de la première relation sexuelle;
  • la peur d’une grossesse;
  • la peur du jugement des autres;
  • des problèmes physiques comme l’absence d’érection ou de lubrification.

Il est important de se sentir à l’aise avec son partenaire, de le respecter et de se respecter, et d’y aller à son rythme, sans pression.


L’homosexualité

Être homosexuel, c’est également une question de préférence. On est homosexuel lorsqu’on est attiré sexuellement par les personnes du même sexe que soi.

Bien qu’il s’agisse d’une orientation sexuelle, au même titre que l’hétérosexualité, certains tabous persistent encore dans notre société.Les homosexuels doivent parfois faire face à des mentalités peu réceptives à leurs préférences, à leur mode de vie, à leurs choix. Alors que pour certains, la déclaration de leur homosexualité sera bien acceptée par leur entourage, d’autres subiront le rejet de leur famille, de leurs amis. Lorsque l’acceptation ou l’affirmation de soi est difficile parce que l’identité sexuelle est perçue négativement, une personne pourraient éventuellement développer des problèmes de santé mentale : stress, anxiété, dépression, etc.

Dans les situations encore plus graves, la pression ou le rejet de l’entourage peut même mener une personne à s’enlever la vie. Le texte suivant est tiré d’un rapport d’un groupe de réflexion initié par Gai Écoute et intitulé L’urgence d’agir. La prévention du suicide chez les personnes homosexuelles : une question de santé mentale, qui a été publié le 29 septembre 2004. Il est reproduit avec l’autorisation de Gai Écoute.

« Si certains questionnent l’ampleur du phénomène du suicide chez les personnes homosexuelles, il s’en trouvera peu pour nier qu’elles doivent traverser une période de crise d’identité en rapport avec l’orientation sexuelle, période qui leur est propre. Cette période de crise est caractérisée par un questionnement, un inconfort, un stress et une anxiété liés à la découverte, à la prise de conscience d’une orientation sexuelle qui n’est pas celle de la majorité, ce qui pousse à l’isolement et à la solitude. Le moment, la durée, l’âge où se présente la période de crise d’identité sexuelle varient d’une personne à l’autre. À la puberté et à l’adolescence pour plusieurs, à l’âge adulte pour d’autres, on découvre une attirance sexuelle pour une personne du même sexe.

Généralement, en raison du secret qui entoure ce phénomène, les personnes homosexuelles ne peuvent bénéficier du soutien de leurs proches, comme c’est souvent le cas pour d’autres problématiques. Se réfugiant derrière le silence et le secret tout au long de ce processus, elles doivent affronter des facteurs déstabilisants, générateurs de stress et d’anxiété.

Être homosexuel n’est pas un problème en soi. Les personnes homosexuelles ne subissent pas de traumatismes du simple fait de leur condition homosexuelle, mais plutôt de leur exposition à l’homophobie. La pression sociale qu’elle engendre provoque un stress important. Elle se manifeste sous toutes les formes possibles, dont le rejet et la discrimination, et elle engendre la honte, l’isolement et la solitude. Bien que le phénomène soit difficile à mesurer, on compte un nombre impressionnant d’études portant sur la question de l’orientation homosexuelle et du suicide qui font état d’une surreprésentation des cas de suicide chez les personnes homosexuelles. Parmi les nombreuses études répertoriées, mentionnons une enquête canadienne conduite par Bageley et Tremblay, menée en 1997 auprès de 750 jeunes hommes de la région de Calgary, qui montre que les jeunes hommes homosexuels et bisexuels comptent pour 62 % des jeunes hommes ayant tenté de se suicider, alors que cette population ne représente que 12,7 % du total de l’échantillon. »


Ressource utile :

Gai Écoute
Gai Écouteest un centre d’aide et de renseignements à l’intention des personnes concernées par les questions relatives à l’orientation sexuelle. Référer, informer et aider les jeunes qui doutent de leur sexualité.
www.gai-ecoute.qc.ca

aide@gaiecoute.org

Ligne d’écoute :
Montréal : 514.866.0103
Sans frais : 1.888.505.1010
 

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L'intimidation et le taxage

Aussi connue sous le terme de « bullying », l’intimidation est une forme de violence à long terme, physique ou psychologique, perpétrée par un ou plusieurs agresseurs (« bully ») à l'encontre d'une victime (« bullied ») dans une relation de domination. Il est question d’intimidation quand une personne est menacée, battue, bousculée, enfermée dans une pièce, mais aussi lorsqu'elle reçoit des messages injurieux ou méchants, lorsqu’on se moque d’elle, répand des rumeurs à son sujet ou l’isole volontairement du reste du groupe.

On appelle « taxage » l’acte de voler les biens ou l’argent de quelqu’un, de l’insulter ou de le mépriser, de le menacer ou de le frapper, ou encore de l’obliger à poser des gestes contre son gré.

L’intimidation peut se présenter sous plusieurs formes, soit physique, verbale et sociale. De plus, avec l’arrivée des médias sociaux, on parle maintenant également de cyberintimidation.

Alors que l’intimidation physique fait référence à de la violence physique comme donner des coups à quelqu’un ou lui lancer des objets, l’intimidation verbale renvoie à l’utilisation de paroles blessantes, d’injures ou de menace envers une personne. Quant à l’intimidation sociale, il s’agit plutôt d’un phénomène de groupe où une personne se sert de l’entourage d’une autre pour répandre des rumeurs, divulguer de l’information fausse ou négative à son sujet, ou encore pour la placer en situation d’exclusion. Enfin, la cyberintimidation fait référence à la diffusion de messages méchants à propos d’une personne au moyen de la technologie, comme les médias sociaux, pour rendre l’information.

Au secondaire, l’intimidation (52 % à 62 %) est le premier motif de crainte1. La peur des gangs et du taxage est également une autre source du sentiment d’insécurité (30 % à 54 %)2. De plus, environ 15 % des cas d’absentéisme dans les écoles nord-américaines sont attribuables à l’insécurité qu’inspire l’école aux enfants3.

Comme l’intimidation est répétitive par définition, elle peut avoir des effets très traumatisants et durables sur les enfants et les jeunes4. Généralement, ceux qui en sont victimes manifestent des symptômes de dépression (tristesse, perte d’intérêt dans leurs activités), des symptômes d’anxiété (tensions, peurs et craintes), et parfois, deviennent plus agressifs. L’intimidation peut également avoir d’autres conséquences sur la vie d’un jeune :

  • il s’isolera pour se protéger;
  • il modifiera ses habitudes et son comportement pour, par exemple, éviter de jouer dans la cour de récréation;
  • il vivra constamment dans un état de peur et pourra même développer de l’anxiété;
  • il pourra développer des problèmes physiques liés à l’angoisse ou aux blessures infligées;
  • il aura de la difficulté à se concentrer en classe;
  • son estime personnelle sera grandement diminuée;
  • il pourrait développer des idées négatives, penser au décrochage scolaire, à la fugue et même au suicide.

Certaines personnes qui ont subi une forme d’intimidation durant l’enfance disent en souffrir psychologiquement à l’âge adulte. Elles peuvent vivre un sentiment de culpabilité, une détresse permanente, un état de peur excessive et même souffrir de dépression5.

Enfin, les jeunes qui sont en position de force dans le manège de l’intimidation démontrent également des conflits psychosociaux importants. Ces derniers n’ont probablement pas appris à résoudre leurs conflits interpersonnels et leurs frustrations sociales. Ils ont besoin d’aide pour changer leur mode de comportement avec les autres avant qu’il ne soit trop profondément enraciné dans des relations de pouvoir et de domination6. D plus, les enfants et les jeunes qui pratiquent une forme d’intimidation pourraient, à l’âge adulte, souffrir de troubles psychologiques comme des problèmes d’extériorisation (troubles de conduite), des tendances agressives et, à l’occasion, des symptômes de dépression7.

Si tu es victime d’intimidation ou de taxage ou que tu connais quelqu’un qui l’est, il ne faut surtout pas prendre la situation à la légère et attendre que ça passe ! La meilleure chose à faire est d’en parler à un adulte dans ton entourage, soit un parent, un enseignant ou un intervenant de ton école. Ils sont les mieux placés pour assurer ta sécurité et possèdent les ressources nécessaires pour mettre fin aux conflits.


Ressources utiles :

Tel-jeunes
Service d'intervention téléphonique ou par courriel pour les jeunes.
Tel-jeunes offre de l'information, répond à des questions, offre de l'écoute et des conseils aux jeunes. Tu peux y trouver une ressource d'aide pour toi ou pour un ami 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. www.teljeunes.com
Montréal: 514.288.2266
Sans-frais: 1.800.263.2266Tel-jeunes

GRC
Intimidation et taxage
www.rcmp.ca

Service de police de la Ville de Montréal
Intimidation et taxage
www.spvm.qc.ca
 

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La violence

La violence peut prendre plusieurs formes : psychologie, physique, intimidation, taxage, harcèlement, agression sexuelle, etc. Elle peut également être présente dans différentes sphères de la vie, comme à l’école, dans la famille, au travail, dans une relation de couple ou tout simplement de façon inattendue, dans la rue ou dans un endroit public. Mais peu importe le geste qui est fait ou l’insulte qui est lancée, la violence fait mal et laisse des marques sur le corps et l’âme. Les jeunes qui subissent une forme ou une autre de violence sont beaucoup plus à risque de développer des problèmes de santé mentale, notamment de l’anxiété généralisée, une dépression majeure, un trouble de l’humeur ou un trouble de la personnalité.
 

Violence en milieu familial

Certains jeunes vivent dans une famille où la violence physique et psychologique fait partie du quotidien. Comme la famille est censée être un milieu sécuritaire et propice à l’épanouissement, les situations violentes peuvent avoir d’énormes répercussions sur le développement psychosocial d’un enfant ou d’un adolescent et entraîner :

  • de la peur et de l’anxiété;
  • l’automutilation;
  • un trouble alimentaire;
  • la perte d’estime de soi;
  • des difficultés de concentration à l’école;
  • des difficultés dans les relations interpersonnelles;
  • de la colère;
  • de la honte;
  • une culpabilité;
  • une toxicomanie;
  • un comportement violent envers les autres.

Certains jeunes verront également la fugue ou le suicide comme une échappatoire à la violence subite.
 

Violence dans les fréquentations

Plusieurs mythes subsistent sur la normalité des comportements violents dans les relations amoureuses (jalousie, harcèlement sexuel et psychologique, coercition). Des études indiquent que la violence dans les fréquentations peut toucher tout le monde peu importe l’âge, la race, l’orientation sexuelle, le statut socioéconomique ou le lieu de résidence. Elle survient tant dans des relations entre adolescents que dans des relations entre adultes. Il est donc important de continuer le travail d’éducation entrepris dans le but d’outiller les jeunes afin qu’ils puissent développer des relations empreintes de respect et d’équité.


Abus sexuels

Les abus sexuels peuvent également prendre plusieurs formes. Il peut s’agir de harcèlement, qui se caractérise par le tenue de propos à caractère sexuel, parfois vulgaires et dégradants, envers une autre personne sans son accord. L’agression sexuelle, qu’elle soit faite par un inconnu ou un membre de l’entourage, est également une forme d’abus, qu’elle implique des contacts physiques non désirés avec l’agresseur ou avec une autre personne.



Ressources utiles :

Choix.org

www.deal.org
deal-choix@rcmp-grc.gc.ca

Gouvernement du Canada
L'initiative de lutte contre la violence familiale
www.phac-aspc.gc.ca
 

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La toxicomanie

Lorsqu’on parle de drogues, il est important de faire la différence entre la consommation exploratoire de stupéfiants que plusieurs jeunes font durant l’adolescence et la toxicomanie, soit la consommation régulière de substances psychotropes liée à une dépendance, comme l’alcool ou les drogues illicites. Par substance psychotrope, on entend toute substance qui agit sur le système nerveux central et qui influence la façon dont la personne pense, se sent ou agit.

Ainsi, lorsqu’on évoque la toxicomanie, on parle d’une dépendance qui s’installe après une période de consommation assidue. Habituellement progressive, elle s’accompagne de difficultés de fonctionnement dans une ou plusieurs sphères de la vie et d’une souffrance subjective. La consommation prend de plus en plus de place et est accompagnée d’un sentiment de perte de contrôle. Souvent, malgré son désir d’arrêter sa consommation, le jeune en est incapable : la dépendance physique et psychologique crée un besoin irrésistible de consommer, au détriment de sa santé, de son fonctionnement social ou de ses liens affectifs. L'alcool, les médicaments psychotropes (Ativan, Halcion, Valium, Xanax, etc.) et les drogues illégales (marijuana, haschich, cocaïne, héroïne, etc.) font partie de ce mystérieux monde des stupéfiants.

La toxicomanie peut toucher tout le monde, peu importe l’âge, la situation financière ou le mode de vie. Toutefois, bien que le taux de consommation de drogues chez les adultes au Canada soit de 7,6 %, la consommation est beaucoup plus élevée chez les adolescents. En fait, en 2009, on estime à26,3%9 la proportion de jeunes avaient déjà consommé de la drogue, que ce soit de façon occasionnelle ou régulière. C’est donc un peu plus d’un adolescent sur quatre !

Plusieurs facteurs peuvent pousser un jeune à consommer de l’alcool ou de la drogue. Il y a d’abord l’attirance de l’interdit, le désir d’essayer quelque chose d’illégal sans se faire prendre et le fait qu’à cet âge, c’est souvent considéré « cool ». À la recherche de certaines sensations, certains le feront pour s’amuser. D’autres consommeront pour imiter leurs amis, par volonté de s’intégrer dans un groupe et pour « faire comme tout le monde ». Enfin, certains jeunes se tourneront plutôt vers la drogue ou l’alcool pour fuir une réalité dans laquelle ils ne se sentent pas bien. Ce peut être à cause de problème à l’école, avec les amis ou dans la famille, d’échecs scolaires, de stress, de violence, de manque d’estime de soi, etc.

Malheureusement, ces jeunes qui consomment pour oublier sont beaucoup plus à risque de développer une dépendance, mais également des problèmes de santé reliés à certains organes comme le foie, le cœur, les poumons et l’estomac, des problèmes de sommeil ainsi que des troubles de l’humeur tel qu’une hausse du niveau d’agressivité ou de la difficulté à maîtriser leurs émotions.

Les jeunes toxicomanes sont également beaucoup plus à risque de souffrir de problèmes de santé mentale à l’âge adulte. Selon une enquête sur la santé mentale et le bien-être effectuée en 2002 (ESCC 1.2), environ un adulte sur 10 atteint d’un trouble anxieux (9,6 %) ou d’un trouble de l’humeur (11,3 %) répondait aux critères de la dépendance à une substance au cours des 12 derniers mois. De plus, chez les personnes présentant une dépendance à l’alcool, 15 % avaient aussi souffert de dépression au cours de la dernière année. La prévalence de la dépression était encore plus élevée (26 %) chez les personnes ayant une dépendance à des drogues illicites. Enfin, une étude récente abonde dans le même sens en précisant que 70 % des personnes qui ont participé à un programme de désintoxication étaient atteints du trouble dépressif majeur. C’est pourquoi de plus en plus de spécialistes croient que la toxicomanie et l'alcoolisme sont des facteurs de dépression.


Voici des ressources utiles pour aider les jeunes à mettre fin à leur consommation :

Tel-jeunes
Service d’intervention par téléphone ou par Internet pour les jeunes.Le site de Tel-jeunes offre de l'information, répond aux questions, écoute et donne des conseils aux jeunes.Tu peux aller chercher des ressources pour toi-même ou pour un ami(e), 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Montréal : 514 288-2266
Sans frais : 1 800 263-2266
www.teljeunes.com


Drogue : Aide et référence
Strictement confidentiel; 24 heures sur 27, 7 jours sur 7; sans frais; service bilingue.
www.drogue-aidereference.qc.ca

dar@info-reference.qc.ca
Montréal : 514 527-2626
Sans frais : 1 800 265-2626

Urgence toxicomanie du Centre Dollard-Cormier
Le Centre Dollard-Cormier est un centre public de réadaptation de la région 06 (île de Montréal) offrant des services spécialisés en toxicomanie et en jeu excessif. Le programme Jeunesse s’adresse aux jeunes de 21 ans et moins.
www.centredollardcormier.qc.ca

cqdt.cdc@ssss.gouv.qc.ca
Montréal : 514 385-1232 (du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h)
Urgence-Toxicomanie : 514 288-1515 (24 heures sur 24, 7 jours sur 7)
Programme Jeunesse : 514 982-1232


Autres sources :

Santé Canada, Meilleures pratiques : traitement d’entretien à la méthadone, Ottawa, Bureau de la stratégie canadienne antidrogue, 2002.
Joffe, T. Russel, Levitt Anthony J. Conquérir la dépression, Empowering Press.
 

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Le suicide

Lorsqu’une personne vit de graves problèmes, que ce soit sur le plan personnel, professionnel, social ou physique, sa souffrance peut la mener à développer des idées noires et à songer au suicide. Bien que cette situation puisse se manifester chez n’importe qui, le taux de suicide est plus élevé chez les personnes qui ont de la difficulté à faire face aux aléas de la vie ainsi que chez celles qui souffrent de problèmes de santé mentale. Pour ces personnes, le suicide est souvent vu comme étant le seul moyen de mettre fin à leur souffrance. Elles deviennent aveuglées par leurs problèmes et voient la mort comme l’unique solution.

Étant en plein développement physique et psychologique, les adolescents ne sont pas toujours bien outillés pour surmonter leurs difficultés. Certains facteurs peuvent également influencer leur attitude et leur perception de ces problèmes, ce qui les rend plus à risque de passer à l’acte, notamment :

  • la maladie mentale;
  • les antécédents de dépression ou de suicide dans la famille;
  • les stress quotidiens;
  • l’abus physique, mental ou sexuel;
  • la toxicomanie;

Il existe en fait un lien bien établi entre les troubles mentaux et le suicide : de 80 % à 90 % des jeunes qui se suicident souffrent d’une maladie mentale et, dans la moitié des cas, il s’agit d’un trouble dépressif10. Ce lien s’explique par le fait que la maladie, lorsqu’elle n’est pas traitée, peut entraîner une grande détresse psychologique et ainsi mener à des idéations suicidaires. Le suicide est l’une des principales causes de mortalité chez les jeunes de 15 à 29 ans au Québec. Heureusement, grâce au nombreuses ressources déployées au Québec pour contrer la problématique du suicide chez les jeunes (telles que le programme Solidaires pour la vie), une récente étude a démontré qu’au cours des 10 dernières années, le taux de suicide a diminué de près de 25 % au Québec, y compris chez les jeunes de moins de 18 ans, chez qui il a diminué de près de 50 %11.


Les signes avant-coureurs

Depuis quelques temps, ton ami ne va pas très bien et tu crois qu’il pourrait songer au suicide ? Voici quelques signes qui pourraient te mettre la puce à l’oreille :

  • il adopte une attitude négative la plupart du temps;
  • il n’a plus d’intérêt pour les activités qu’il aimait;
  • il s’isole, sort très peu de chez lui;
  • il a grandement diminué ses contacts sociaux;
  • il est plus agressif et se met fréquemment en situation de danger;
  • il parle souvent de la mort ou de sujets qui y sont reliés.


Quoi faire ?

Si tu as des idées suicidaires, il faut absolument en parler à quelqu’un. Il peut s’agir d’un ami ou d’un adulte en qui tu as confiance, comme un parent, un enseignant, un intervenant ou même un professionnel de la santé. Ils pourront t’écouter, te rassurer et te guider, te conseiller et te guider vers des ressources pour t’aider à passer à travers de la situation. L’important, c’est de ne pas rester seul avec tes problèmes et tes idées noires.


Ressources utiles :

Tu songes au suicide ou tu connais quelqu’un qui pourrait attenter à sa vie ?
Voici quelques ressources pour t’aider :

Tel-jeunes
Service d’intervention par téléphone ou par Internet pour les jeunes.
Le site de Tel-jeunes offre de l'information, répond aux questions, écoute et donne des conseils aux jeunes.
Tu peux aller chercher des ressources pour toi-même ou pour un ami(e), 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
www.tel-jeunes.com

Montréal : 514 288-2266
Sans frais : 1 800 263-2266

Jeunesse J'écoute
Service gratuit et confidentiel. Chaque jour, les intervenants professionnels de Jeunesse J'écoute répondent aux appels et aux messages électroniques de jeunes partout au pays. Quelle que soit la nature du problème ou de la préoccupation, les intervenants sont là pour offrir, de façon immédiate et attentive, information, soutien et référence aux jeunes. Le site de Jeunesse J'écoute brosse un tableau précis des différentes problématiques des jeunes et contient des renseignements très pertinents sur les maladies mentales en regard des facteurs, des symptômes et des traitements.
www.jeunesse.sympatico.ca

Montréal : 514 273-7007
Sans frais: 1 800 668-6868

REVIVRE
Le programme Jeunesse de REVIVRE est un ensemble de services axés sur le soutien destiné aux adolescents et aux jeunes adultes âgés entre 14 et 25 ans souffrant de dépression, de maniaco-dépression ou de troubles anxieux. Les services offerts sont nombreux : écoute téléphonique, groupes d'entraide, relation d'aide individuelle ainsi que documentation sous forme de dépliants (Les jeunes et les troubles dépressifs, Les jeunes et les troubles bipolaires), livres et vidéocassettes.
Le programme Jeunesse, supervisé par des intervenants qualifiés, informe également les parents d'enfants atteints d'une de ces maladies.
www.revivre.org

programmejeunesse@revivre.org
Ligne d’écoute du programme Jeunesse : 514 529-3081, poste 3
Montréal : 514 738-4873
Sans Frais : 1 866 738-4873

Association québécoise de prévention du suicide (AQPS)
On peut bénéficier, en tout temps et dans la plupart des régions du Québec, d'une intervention téléphonique en prévention du suicide. Pour une urgence suicidaire partout au Québec, composez le numéro de téléphone sans frais suivant :
www.aqps.info

1 866 APPELLE (277-3553)

Suicide-Action Montréal (SAM)
Intervention téléphonique pour la personne en crise (jour et nuit); service aux proches d'une personne en crise suicidaire; service aux personnes en deuil.
www.suicideactionmontreal.com
Montréal : 514 723-4000
Sans frais : 1 866 277-3553

En cas d’urgence suicidaire
Il faut aller directement à l’hôpital, appeler le 911 ou encore communiquer avec le centre de prévention du suicide de sa collectivité au 1 866 APPELLE (277-3553).
 

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Sources

  • Gendarmerie royale du Canada
  • Peter Hamilton et Kathleen Mauro, La prévention de l’intimidation dans Vie pédagogique, no 129.
  • Ministère de la Sécurité publique et de la Protection civile du Canada (SPPCC)
  • Craig, Peters et Konarski, 1998; Glover, Gough, Johnson et Cartwright, 2000; Haynie et coll., 2001; Pepler et Craig, 2000; Smith, 2000; Wilke, s.d.
  • Craig, Peters et Konarski, 1998; Fox et coll., 2003; Haynie et coll., 2001
  • Harris, Petrie et Willoughby, 2002; Artz et Nicholson, 2002; Pepler et Craig, 2000
  • Cintia Quiroga. La dépression est un facteur de décrochage scolaire dans la Revue de psychoéducation (vol. 35, no 2)
  • Groupe national d’analyse de renseignements, Renseignements criminels, Gendarmerie royale du Canada. Rapport sur la situation des drogues illicites au Canada, 2009.
  • Revue Systématique de Cavanagh et al., 2003, op. cit.
  • Lesage, A., & Moubarac, J.-C. Analyse stratégique du programme Solidaire pour la vie de la Fondation des maladies mentales. Réseau québécois de recherche sur le suicide, 2011, p.4. et Gagné, M., et St-Laurent, D. (2010). La mortalité par suicide au Québec : tendances et données récentes – 1981 à 2008. Institut national de santé publique du Québec : Québec.
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